Le chef-reliquaire d'Arédius (XIIIème s.) traversera-t-il à nouveau l'Atlantique ?

Publié le par Christian Bélingard

Chef-reliquaire d'Aredius ( Metropolitan, NYC, octobre 2012. Photo: C.Belingard)

Chef-reliquaire d'Aredius ( Metropolitan, NYC, octobre 2012. Photo: C.Belingard)

Le chef-reliquaire d'Arédius  (XIIIème s.) traversera-t-il à nouveau l'Atlantique ?

Lors d'une séance du conseil municipal ( février 2016) , le maire de Saint-Yrieix-la-Perche, Daniel Boisserie, a indiqué qu'une demande avait été faite auprès du Metropolitan Museum of Art à New-York pour que le chef-reliquaire authentique d'Arédius-le fondateur de la ville- soit rapatrié sur son lieu d'origine.

Datée du XIIIème siècle, cette pièce d'orfévrerie réalisée en argent avait quitté la commune de Saint-Yrieix vers 1905-1906, à l'époque où l'Etat français assurait son contrôle sur les biens de l'Eglise à la faveur de la loi Combes. Des marchands d'art profitèrent de l'occasion pour inciter le clergé à vendre certains de ses précieux « trésors » plutôt que de les voir confisqués par le gouvernement de la République...

Des intermédiaires qu'on pourrait qualifier de « rabatteurs » se chargèrent de collecter des pièces aussi précieuses que le reliquaire d'Aredius, lequel finit entre les mains du grand marchand anglais Duveen, qui lui même le revendit au collectionneur américain Pierpont Morgan en 1906. Le reliquaire fut vendu en même temps que le chef-reliquaire de Saint-Martin à Soudeilles (Corrèze). A Saint-Yrieix le marché avait été conclu sous la condition qu'une copie de l'oeuvre soit réalisée. C'est ainsi qu'un orfèvre de Londres réalisa le buste qui est actuellement exposé à la collégiale de Saint-Yrieix.

Quant à l'original, il est conservé par le Metropolitan Museum de New-York où il figure en bonne place dans l'espace du musée consacré à la période médiévale. Le reliquaire est constitué d'une âme de bois sur laquelle est posé le masque en argent. Les traits du visage sont particulièrement bien dessinés, les sourcis étant arqués, et une barbe naissante a été finement ciselée dans le métal. Selon certains spécialistes, la présence de filigrane sur cette pièce originale permettrait de proposer une fourchette chronologique entre 1220 et 1240.

Ce chef-reliquaire n'est pas la seule œuvre religieuse à avoir traversé l'Atlantique. Une annexe du Metropolitan, le célèbre musée des « Cloisters » au nord de Manhattan sur les rives de l'Hudson abrite d'autres trésors, notamment le cloître provenant du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert, dans l'Héraut et datant du XIIème siècle...

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