Les derniers vestiges d'une route médiévale de Limoges à Saint-Yrieix

Publié le par Christian Bélingard

Ancienne route médiévale de Saint-Yrieix à Limoges

Ancienne route médiévale de Saint-Yrieix à Limoges

 

Quasiment tracée « au cordeau » du Pont Saint-Martial (Limoges) jusqu'à Nexon, puis de Nexon à La Rochette (Saint-Yrieix), cette voie figure sur l'inventaire des routes du Limousin établi peu de temps avant la Révolution. Mais déjà, en 1769, ce vieil itinéraire « de Limoges à Saint-Yrieix par le Pont-Rompu » est décrit comme « ne servant plus » (1) Qualifié généralement dans les anciennes études de « voie romaine », ce chemin ancestral est encore pratiquement conservé dans son état primitif sur un tronçon compris entre la Croix-Janiquet, commune de Solignac (Haute-Vienne) et la Grave à environ quatre kilomètres au sud-ouest de ce hameau.

 

Sur ce tronçon qui atteint presque 400 m d'altitude à l'est du hameau « Le Grand Métayer », on peut apercevoir le massif des Cars qui culmine à 544 m ( relais de télévision). La voie est particulièrement large, immédiatement au sud de la Croix Janiquet : environ 8m 80, fossés compris. Mais, selon certains spécialistes comme l'archéologue Jean-Michel Desbordes, cette voie trop étroite pour une voie romaine pourrait bien être « un grand chemin de l'ancienne France élargi au XVIIIème siècle pour répondre à de nouveaux besoins ». On peut y remarquer à l'est du hameau « Le Garraud » des vestiges de pavement correspondant à une déclivité du terrain.

 

Si on se dirige vers Limoges, au nord de la Croix-Janiquet, on atteint le célèbre Pont-Rompu, une construction médiévale des XIIIème ou XIVème siècle selon la fiche officielle du Ministère de la Culture. On y apprend que ce magnifique ouvrage sur la Briance aurait été bâti par les moines de Solignac pour aller exploiter plus facilement leurs terres situées sur la rive gauche de la rivière. De fait, selon Desbordes, le vieil itinéraire Limoges-Saint-Yrieix franchissait la Briance à 200 m en aval de ce pont par un gué. Ce qui tend à démontrer son usage antérieur, même si cela reste un itinéraire purement médiéval.

 

 

Un ancienne seigneurie, au lieu-dit, le Pré-Saint-Yrieix, était riveraine de cette route qui reliait Limoges à la cité d'Arédius. On peut aussi noter que le chapitre de Saint-Yrieix possédait encore des droits au XVI° siècle dans des paroisses extérieures à la ville et également riveraines de ce vieux chemin : la Rochette, la Meyze, Nexon. L'historien Jean-Pierre Thuillas a également mentionné au XIIIème siècle une église de Limoges où le chapitre de Saint-Yrieix nommait le desservant.

 

Il faut aujourd'hui féliciter notamment la municipalité de Jourgnac et le conseil général de Haute-Vienne pour leurs efforts de conservation de ce vieux chemin identifié par ces collectivités comme le chemin de « Saint-Roch. » C'est grâce à de telles initiatives que l'on peut encore expliquer, preuves à l'appui, comment notre territoire a pu être façonné au fil des siècles par ces anciens chemins.

 

voir le diaporama

 

(1) les états ou inventaires des routes du Limousin dressés par le ser-
vice des Ponts et Chaussées de la Généralité de Limoges, en 1769 (C. 704) et". 1788 (C. 753)

tronçon conservé de la route médiévale Limoges-Saint-Yrieix

tronçon conservé de la route médiévale Limoges-Saint-Yrieix

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