Un fragment de reliquaire en émail de Limoges retrouvé à Montségur

Publié le par Christian Bélingard

Muraille du château de Montségur ( XIIIème s.)

Muraille du château de Montségur ( XIIIème s.)

Le site de Montségur en Ariège, près de Lavelanet, est connu pour avoir été un des plus fameux champ de bataille de la guerre des Albigeois, plus connus encore sous le nom de Cathares. Le pape Innocent III avait fait prêcher contre eux une croisade en 1208. Un grand nombre d'adeptes de cette secte originaire de Dalmatie, et dont les croyances s'étaient répandues dans le midi de la France au XIème, XIIème et XIIIème siècles, furent massacrés notamment par Simon de Montfort (Béziers, 1209, Muret, Toulouse, 1213) et par le fils de Philippe Auguste, Louis, qui dirigea cette guerre fratricide à la fin du règne de son père (Marmande, 1219). Il la continua ensuite lorsqu'il fut roi sous le nom de Louis VIII.

 

Le château de Montségur fut un des lieux mythiques du catharisme. Le château, édifié à 1207 m d'altitude sur un « pog », fut le siège de l'église cathare à partir de 1232. Il résista pendant neuf mois aux assaillants de la seconde croisade. Le 16 mars 1244, 205 fidèles, qui ne voulaient pas renier leur foi, choisirent le bûcher, incarnant l'idée de résistance au plus haut degré.

Parmi les chefs religieux qui participèrent à la croisade des Albigeois figure un évêque de Limoges, Bernard de Savène qui était né dans un village du Limousin dont il porta le nom. Il participa à l'armée conduite par l'archevêque de Bordeaux et qui comptait également d'autres évêques ( ceux de Cahors, Agen, Bazas) ainsi que des seigneurs de haut rang comme le vicomte de Turenne et le comte de Clermont. Cette armée s'empara de Bigaroque sur la Dordogne et détruisit Gontaud à l'est de Marmande. Elle mit également à sac Tonneins et vint assièger Casseneuil dans la vallée du Lot. C'est dans cette ville que fut dressé un premier bûcher pour les « Parfaits » qui avaient refusé d'abjurer.

A Montségur, le château fut donc repris aux Cathares et il fut ensuite remis aux seigneurs de Lévis qui avaient reçu la terre de Mirepoix en récompense de leurs services durant la croisade. Lors des fouilles des ruines qui se dressent toujours au sommet de la montagne ariégeoise, un fragment de plaque émaillée, provenant d'un atelier de Limoges, fut retrouvé.

 

Plaque en email ( musée de Montsegur, XIII eme s.

En examinant attentivement cette plaque quadrilobée, les archéologues furent convaincus de son origine. Ils la comparèrent notamment avec une châsse en émail de Limoges conservée à Nantes, dite de Saint Calminius. Elle représente là aussi le Christ en Majesté, assis sur un trône et bénissant de la main droite. De l'autre main il tient la Bible appuyé sur son genou gauche. Ce n'est pas le cas pour la plaque de Montsegur où le bras semble tenir le livre plus ostensiblement. Mais la ressemblance reste frappante

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