1ère croisade: de Limoges à Constantinople (2)

Publié le par Christian Bélingard

Les chevaliers limousins faillirent perdre le chef suprême de l'expédition, le comte de Toulouse, en traversant la Dalmatie, c'est-à-dire les côtes yougoslaves. Les Esclavons ( habitants d'Esclavonie) réussirent un coup d'éclat en entourant un jour le groupe dans lequel se trouvait Raymond avec un nombre bien supérieur d'hommes armés. Ce dernier parvint à leur échapper, fit quelques prisonniers, mais subit un nouvel assaut. La partie la plus importante de son corps d'armée filait loin devant. Le comte de Toulouse eut alors recours à des méthodes cruelles: il fit percer les yeux à quelques-uns de ses prisonniers et couper aux autres le nez et les mains, les renvoyant ensuite dans leurs montagnes. La frayeur suscitée par ces mutilations dissuada les indigènes de tenter de nouvelles poursuites.
 
Croisés épiés par Esclavons
Les croisés épiés par les Esclavons
( Bnf, français 5594)
 
Trois semaines plus tard, le Comte de Toulouse, de nouveau à la tête du convoi ,arriva à Scodra (Scutari, Albanie). Le roi des Esclavons s'y trouvait et Raymond tenta de négocier avec lui pour que les marchés soient ouverts au ravitaillement de ses troupes, moyennnant rétribution. Que fit le chef des indigènes? Les sources écrites font état de deux comportements opposés de la part du roi des Esclavons et la vérité est difficile à établir. Mais les Croisés, au bord de l'épuisement, parvinrent tout de même à traverser entièrement la Dalmatie et à installer leurs tentes sous les murs de Durazzo. Cette ville dépendait de l'Empire grec. L'empereur byzantin, dépêcha alors depuis Constantinople une délégation chargée de manifester le désir d'Alexis (l'empereur) de devenir "l'ami" du Comte de Toulouse.

Les promesses d'Alexis étaient rassurantes pour les Croisés. Celui-ci demandait à Raymond IV d'arriver au plus vite à Constantinople et offrait des vivres à son armée sur le parcours. Les chevaliers francs reprirent alors leur route à travers les montagnes et les forêts de l'Epire, gravirent avec difficulté le Pinde puis arrivèrent dans le nord-ouest de la Macédoine ( Pélagonie). Mais les troupes du Comte de Toulouse furent encore harcelée par toutes sortes d'ennemis: Turcs, Comans, Husiens, Tenaces, Pincenates ou Petchénègues, Bulgares et toujours Esclavons. Deux chefs de l'armée des francs furent tués. L'évêque du Puy échappa de justesse à une capture de courte durée. L'armée passa par Thessalonique, puis à Rossa ( ou encore Rusa) qui fut pratiquement rasée par les Croisés devant l'hostilité de ses habitants (1)

 
à suivre

(1) la ville de Rossa ou Rusa serait devenue Rouskoïnan ou Kéchan, au nord du golfe de Saros

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