Compostelle: des chanoines limousins prébendés à Burgos

Publié le par Christian Bélingard

Les relations privilégiées entre plusieurs abbayes limousines et un certain nombre de communautés religieuses implantées tout au long du  Camino Frances sont parfaitement connues. On sait que la famille Plantagenet, qui possédait notamment l'Aquitaine, avait établi de solides liens avec les rois catholiques espagnols. Ainsi Alphonse VIII le Noble, roi de Castille ( 1155-1214) n'était rien moins que le gendre d'Henri II Plantagenet et Aliénor d'Aquitaine. A la faveur des échanges impulsés par les membres de la dynastie Plantagenet, les moines de Saint-Martial de Limoges, de GrandMont, de Tulle, s'étaient mis à investir les différents chemins menant à Saint-Jacques de Compostelle. On le constate non seulement en France où de nombreux sanctuaires sont établis par ces abbayes ( par exemple sur la Dordogne) mais aussi sur le Camino Frances.

 

 

C'est dans ce contexte qu'il faut sans aucun doute analyser l'éminente distinction  qui fut accordée sous Alphone VIII ( c'est-à-dire au XIIème siècle) par le chapitre de la cathédrale de Burgos au chanoine limousin Guillaume - Wilelmus Lemoian-  puisqu'il est bien clair que ce dernier bénéficia alors d'une prébende, en même que d'autres chanoines étrangers. Le même auteur cite en effet le Lombard Gérard, l'Italien Lanfranco, et un autre français en la personne de "Maitre Odon de Chériton". (1)

 

 

burgos catedral claustro

cloître de la cathédrale de Burgos

 

Il faut probablement rapprocher ce fait d'une information livrée deux siècles plus tard par un document que j'ai eu la chance de retrouver à la Bibliothèque Nationale, après une recherche entreprise aux Archives Départementales de la Dordogne. Il s'agit d'une obligation "de la somme de soixante sols tournois" consentie par un dénommé Guillaume de Royère cité en 1328 comme "chanoine de Burgos et de Saint-Yrieix en Limousin". (2)

 

Dans les deux cas, la présence de chanoines limousins dans la capitale de la Castille est attestée. Combien de temps en fut-il ainsi ? Une réponse partielle partielle a pu être apportée par la médiéviste Bernadette Barrière qui constate que les "relations du Bas-Limousin, et notamment de Tulle, avec l'Espagne et Compostelle, semblent avoir été relativement fréquentes jusque dans le courant du XVIIIème siècle." (3)

 

 

(1) Cahiers de Linguistique Hispanique Médiévale n°23/2000, publié par Georges Martin,Jean Roudil, p 225

(2) De Vézelay à Saint-Jacques-de Compostelle, par C. Bélingard, Editions Sud-Ouest, 2001, pp 55-56

(3) Saint-Léonard et le Chemins de Saint-Jacques en Limousin,  catalogue de l'exposition de 1985, pp 40-41

 

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