En janvier, on extrayait l'argile

Publié le par Christian Bélingard

janvier-Rustican



Un traité d’agriculture, recopié au XVème siècle, mais datant du XIIIème siècle, a été publié sous le titre « Calendrier des travaux agricoles du Rustican ». Son auteur, Pietro de Crescenzi, né à Bologne aux environs de 1233, a  fait des études de droit. Entre 1269 et 1299, il exerça la profession de juge-conseiller auprès de différentes municipalités de l’Italie du Nord. Puis il se retira près de Bologne dans son domaine, la Villa dell’Olmo, où il rédigea autour de 1305, sans doute en latin, un Traité d’agriculture (Ruralium commodorum opus), dont on ne possède qu’une copie.

Pietro de’Crescenzi consacre plusieurs chapitres aux  travaux de préparation du sol : sarclage, émiettement des mottes de terre avec un maillet, mise en valeur par différents amendements. L’extraction de  l’argile était aussi une activité rurale typique du mois de janvier comme le montre l'image du calendrier ci-dessus. C’est pourquoi on voit un paysan à l’aide d’une pioche défoncer le sol. L’argile récolté est mis en tas derrière lui. Les mois d’hiver sont propices à l’entretien des bâtiments. La fabrication artisanale des tuiles subsiste encore de nos jours en Limousin, comme par exemple aux tuileries de Puycheni, en Haute-Vienne où existe un éco-musée.

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Par ailleurs, les travaux ethnologiques menés en Limousin au XXème siècle apportent des précisions sur les travaux traditionnels des paysans pendant l’hiver. Dés décembre jusqu’à la fin février, on nettoyait les prés, on préparait les rigoles d’irrigation (appelées « levadas »), on élaguait les arbres et les haies, on préparait le bois de chauffage. Et si le temps ne s’y prêtait pas les occupations ne manquaient pas pour le paysan devant un feu de cheminée : confection d’outils, de paniers, etc…. Bref, janvier était aussi un mois de labeur.

N.B.

Le Rustican, ou "Livre des proffiz champestres et ruraulx", est un traité d’agriculture rédigé vers 1305 par Pietro de Crescenzi, à Bologne. Cet ouvrage fit l’objet de nombreuses traductions et de versions enluminées. La plus belle, dont est extraite cette miniature, est conservée au Château de Chantilly. L'enlumineur probable ayant peint ce calendrier, entre 1459 et 1470, est le Maître du Boccace de Genève.

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