La symbolique du lion à l'époque des Croisades

Publié le par Christian Bélingard

Le lion est souvent représenté comme le gardien des temples dans les civilisations antiques du Moyen-Orient. Les serpents et les lions étaient des éléments décoratifs et talismaniques apposés sur les portes et les remparts des villes parce qu'ils étaient synonymes de protection et de puissance. A Alep, en Syrie, des représentations sculptées dans la pierre, témoignent de cette symbolique réccurente.

 

Lion d'Alep0001Lion au Musée d'Alep (Syrie, photo C.Belingard,août 2010)

 

Le chevalier limousin Goulfier de Lastours, qui participa à la Première Croisade, est resté célèbre sous le nom de "Chevalier au Lion". Voici un extrait d'un texte très édifiant sur cette légende attaché à ce chevalier qui accompagna Raymond de Saint-Gilles jusqu'en Terre Sainte et qui participa notamment à la bataille d'Antioche:

 

" Pendant qu'il faisait de célèbres excursions contre les ennemis, il arriva qu'il fut attiré par les  rugissements d'un lion qu'un énorme serpent serrait dans ses replis. Ses compagnons d'armes le dissuadèrent en vain; G...s'élance avec audace, et coupant le reptile de son épée, il délivra le lion. Cet animal, chose admirable à raconter! reconnaissant du bienfait qu'il venait de recevoir, suivit Geoffroi comme un lièvre, sicut lepus, et ne le quitta point pendant toute la croisade. Il lui fut plusieurs fois utile, soit à la chasse, soit à la guerre, et lui  fournit abondamment de la venaison. Toutes les fois que le lion voyait son maître attaqué par les ennemis, il se précipitait sur eux et les renversait. Lorsque Geoffroi monta sur un vaisseau pour s'en retourner dans son pays,  le lion ne voulut pas l'abandonner ; mais les nautonniers refusant de le recevoir sur le bâtiment, parce qu'ils le regardaient comme un animal cruel, le lion suivit son maître à la nage jusqu'à ce qu'il succomba de fatigue et périt dans les flots de la mer. » (1)

 

 

 

 

 

(1) Bibliothèque des croisades, Volume 3, par Joseph Toussaint Reinaud ( source :Magnum chronicum belgicum, par un chanoine régulier de l'ordre des Augustins, chronique qui s'achève en 1474)

 

Commenter cet article