La voie limousine aboutissait au carrefour d'Ostabat

Publié le par Christian Bélingard

La via lemovicensis (ou voie limousine) est désignée sous cette appellation dans le Guide du Pélerin (XIIème siècle) qui sert toujours de référence pour le repérage des principales voies du pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Vézelay, Saint-Léonard de Noblat, Saint-Front-de-Périgueux et enfin Ostabat sont les seuls lieux cités explicitement par Aymeri Picaud, l'auteur présumé du manuscrit médiéval ( connu des historiens sous le nom de Codex Calixtinus ).


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Ostabat (ville basse) sur le site d'un ancien hopital de pélerins

 

Dés le chapitre premier du Guide du Pélerin (1), il est en effet écrit: "La route qui passe par Sainte-Foy (2), celle qui traverse Saint-Léonard (3) et celle qui passe par Saint-Martin (4) se réunissent à Ostabat et après avoir franchi le col de Cize, elles rejoignent à Puente la Reina celle qui traverse le Somport; de là un seul chemin conduit à Saint-Jacques."

 

Ostabat était dés le haut Moyen Age, sinon peut-être dés l'époque romaine un carrefour de deux voies principales. L'une de ces routes venait d'Orthez par Saint-Palais, passait par Ostabat et rejoignait Roncevaux par Aphat-Hospital, Saint-Jean-le-Vieux et le pied des ports de Cize. La seconde voie, empruntée par les bergers lors des transhumances, reliait au plus court la cité d'Oloron et le port de Bayonne par l'Hopital Saint-Blaise et Mauléon (5).

 

 

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la forteresse médiévale de Lauxaga contrôlait le carrefour d'Ostabat

 

Le lieu d'Ostabat semble avoir joué au Moyen-Age un rôle militaire, avec peut-être une ville forte qui fut entourée en 1228 d'une enceinte construite par les seigneur de Luxe. Le roi de Navarre Sanche-le-Fort s'en empara aussitôt et fit raser les fortifications. Il subsiste cependant près d'Ostabat la forteresse de Laxague construite un peu à l'écart de la ville. L'enceinte en trapèze est entourée de douves. La tour carrée est typique de l'architecture militaire du Moyen-Age. On peut également voir à Ostabat les maisons alignées le long du chemin d'Harambels qui constituent le faubourg. Une de ces maisons s'appelait jadis Beilania, c'est-à-dire la maison du "pélerin" ou bien "du pélerinage"...

 

(1) Le Guide du Pélerin de Saint-Jacques-de Compostelle, traduit par Jeanne Vielliard, Paris 1990 ( 5ème édition) p 5

(2) c'est-à-dire Conques en Rouergue, sur la via Podiensis

(3) sur la via Lemovicensis

(4) c'est à dire Tours, sur la via Turonensis

(5) Raymond Oursel, Archéologia, octobre 1967

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