Les chevaliers limousins au Krak des chevaliers ( janvier 1099)

Publié le par Christian Bélingard

Dans les premiers jours de janvier 1099, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, se met en route pour prendre Jérusalem, seul chef de croisade à vouloir poursuivre le "voyage" après le refus de Bohémond et les atermoiements des autres grands chefs militaires. Celui qui dirige cette immense armée du "Midi" dont fait partie le contingent limousin s'est mis "en tenue de pélerin et les pieds nus" pour donner à son incroyable expédition encore plus de sens et de vérité. (1) Les autres princes ne partiront d'Antioche qu'au mois de mars pour enfin rejoindre près de Jérusalem l'armée du comte de Toulouse.

 

Les chevaliers limousins, qui suivent l'armée de Raymond, sont donc les premiers à s'engager dans la périlleuse expédition. Ils sont au nombre des combattants qui s'emparent le 29 janvier 1099 de la forteresse du Horsn-al-Akrad, le futur "Krak des chevaliers" qui est l'un des châteaux médiévaux célèbres que l'on peut encore visiter de nos jours en Syrie.

 

le Krak des Chevaliers

le krak des chevaliers, Syrie (août 2010, photo C.B.)

 

Puis l'armée du comte de Toulouse continue à avancer, se ravitaillant sur son passage sans difficulté. L'émir de Homs paye un tribut pour éviter une attaque des croisés et le qadi de Tripoli offre également beaucoup d'argent pour ne pas subir d'exactions de la part de l'armée chrétienne. Mais Raymond de Toulouse met le siège devant Arcas, place forte située au pied du Liban, le 14 février 1099.  Au bout de trois mois, la résistance des Turcs, Sarrasins, Arabes qui s'y trouvent est si forte que les Croisés, désireux de prendre Jérusalem, sont obligés de lever le siège (13 mai 1099).

 

Les chevaliers limousins se sont encore illustrés pendant le siège d'Arcas, en effectuant plusieurs raids. Fin février, Raymond de Turenne fait partie d'un détachement de six hommes qui veulent aller en reconnaissance du côté de Tripoli. Ils rencontrent alors en route un groupe d'ennemis beaucoup plus nombreux et parviennent cependant à les mettre en fuite et à revenir au camp avec "un immense butin" (2). Ce n'est pas tout.  Fort de ce succès, Raymond de Turenne fait partie d'un autre raid avec Raymond Pilet qui fut souvent son compagnon d'armes. Le détachement s'empare alors de Tortose, en usant d'une ruse de guerre, ouvrant ainsi un port aux navires qui ravitaillaient les croisés. La ruse consista à lancer d'abord une attaque contre la ville, puis à se retirer à proximité, et la nuit venue, d'allumer de grands feux. Les habitants de Tortose imaginèrent alors une armée très nombreuse prête à donner l'assaut et s'enfuirent. Raymond de Turenne et ses compagnons occupèrent Tortose jusqu'à la levée du siège d'Arcas puis regagnèrent leur armée.

 

(1) Jean Richard, Histoire des croisades, Fayard 1996

(2) Abbé Arbellot, les chevaliers limousins à la première croisade, Paris, 1881

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