Les Limousins sur le Camino Frances

Publié le par Christian Bélingard

En suivant la via Lemovicensis les pèlerins limousins arrivaient au carrefour d'Ostabat, puis passant par Saint-Jean-Pied-de-Port, atteignaient ensuite Roncevaux où un établissement hospitalier particulièrement réputé  les attendait. Ils continuaient jusqu'à Pampelune ( qui était le terme d'une étape mentionnée par le Guide du Pélerin, XIIème siècle). A quelques lieues de la capitale de la Navarre, le chemin débouchait au carrefour de Puente-la-Reina. Ici la via Tolosana, qui franchissait les Pyrénées par le Col du Somport, rejoignait les trois autres axes majeurs décrits dans le Codex Calixtinus .

  puente la reina NEW                                                                                         Puente la Reina

 

C'est à Puente-la-Reina que commençait une voie quasiment unique conduisant jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle (1). L'itinéraire, remarquable par sa stabilité tout au long des siècles, s'avèra également un des plus sûrs, bénéficiant de la protection organisée par les Rois Catholiques de la péninsule ibérique. Le chemin était désigné en latin sous le nom "Iter Francorum" puis en espagnol "Camino Frances". Cela correspondait à une réalité puisque beaucoup de pèlerins venaient de France.

 

Cependant d'autres catégories sociales vinrent s'installer tout au long du "camino". Suivant l'exemple de Sanche le Grand, roi de Navarre (1000-1035), des souverains comme Alphonse VI ( 1072-1109), roi de Castille, et Sanche Ier Ramirez ( 1063-1094), roi d'Aragon multiplièrent les fondations d'hopitaux, les constructions de ponts, et encouragèrent aussi les marchands et les artisans à venir s'installer au bord de l'itinéraire. Car il fallait impérativement assurer la pérennité de la "Reconquista" entreprise contre les Sarrazins. Et cela passait aussi par la consécration d'églises et de prieurés qui attirèrent des moines et des clercs en grand nombre sur le "Camino".

 

En ce qui concerne plus précisément les ressortissants "limousins", il faut bien se représenter que ceux-ci, à l'égal d'autres provinces d'Aquitaine, ne restèrent pas les bras croisés devant cette entreprise colonisatrice. Ainsi par exemple, en 1212, "plus de 400 hommes du Château de Limoges , se rendent en Espagne avec quatre de nos moines pour combattre les Sarrazins".(2)

 

Tout au long du "camino Frances", plusieurs articles sont donc consacrés sur ce blog à la présence limousine sur le Grand Chemin. Redécouvrir ces lieux et en rechercher des vestiges est une autre manière de voyager jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle...

 

 

(1) ce chemin ne fut pas le seul à être suivi. Le chemin côtier ou "camino del Norte"  était également emprunté par les pèlerins. Mais on note une fréquentation de cet itinéraire plus tardive que celle du Camino francés. Les villes de la côte ne s'organisèrent qu'à la fin du XIIème siècle et le développement de l'accueil des pèlerins démarra à partir du XIVème siècle grâce à la construction d'hôpitaux et d'églises au long du chemin. Voir la  carte.

(2) Chronique de Bernard Itier, moine et chroniqueur de Saint-Martial de Limoges

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