Roncevaux sur le Chemin des Aurillacois

Publié le par Christian Bélingard

Après la jonction d'Ostabat, les pèlerins de la Via Lemovicensis, franchissaient les Pyrénées par le col de Roncevaux. Des documents d'époque nous montrent que la réputation hospitalière de ce lieu n'était pas usurpée puisqu'on retrouve, au coeur du Massif Central, trace de dons effectués au profit de la communauté qui était établie sur ce sommet des Pyrénées.

 

Par exemple, le testament d'Hughes, bourgeois d'Aurillac du temps de Saint-Louis, publié par une société savante au début du XXème siècle (1) nous apprend que ce personnage se montrait particulièrement généreux au delà de sa propre ville puisqu'un legs de 20 sous est mentionné en faveur de l'hôpital de Roncevaux en date des 14 et 15 mai 1236. Le val de Roncevaux, illustré par la Chanson de Roland, possédait alors un hôpital pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Celui-ci avait été fondé par Sanche de Larrosa, évêque de Pampelune en 1132. L'établissement, connu sous le nom de Notre-Dame de Roncevaux, fut financé par une communauté de chanoines de Saint-Augustin. A côté de l'hôpital fut ensuite édifiée la Collégiale Royale de Roncevaux sur l'ordre de Sanche VII ( (1194-1234). C'est là qu'un certain nombre de pèlerins continuent de nos jours à suivre les offices religieux qui leur sont spécialement dédiés.

 

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collégiale de Roncevaux

 

Avant d'atteindre Roncevaux où étaient déjà accueillis les pélerins médiévaux, deux chemins étaient possibles depuis Saint-Jean-Pied-de-Port. Celui qui passait par Valcarlos, la vallée où Charlemagne avait établi son camp, fait bien sûr partie des itinéraires mythiques que tout voyageur rêve de faire un jour. C'est en effet ici, selon la légende, que le neveu de l'empereur- le célèbre Roland -avait sonné du cor pour que l'armée des Francs rebrousse chemin et vienne à son secours, alors que cente mille sarrasins venaient d'anéantir l'arrière-garde de l'armée impériale.
 

 

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      la route "Charlemagne" entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux



Un autre chemin rejoignait également le col d'Ibañeta; c'était celui du Port de Cize dont parle le Codex Calixtinus: "Pour le franchir, il y a huit mille à monter et autant à descendre...Celui qui en fait l'ascension croit pouvoir, de sa propre main, toucher le ciel". Ce chemin emprunte une ancienne voie romaine qui reliait Bordeaux à Astorga. Au col d'Ibañeta, la tradition veut que Charlemagne, allant en Hispanie avec ses armées, ait dressé la Croix avant de se mettre en prières, un genou plié. A cet endroit fut fondé le monastère San Salvador qui soignait également les pélerins et qui fut ensuite rattaché à Notre-Dame-de-Roncevaux. En souvenir de ces temps anciens, certains voyageurs en route vers Saint-Jacques continuent à planter de petites croix sur un tertre qui jouxte une chapelle moderne...



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                       la tradition des croix plantées de nos jours au col d'Ibañeta
 

   (1) Revue de la Haute-Auvergne, volume 2, p 383 (1900)

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