Roziers-Saint-Georges et ses origines romanes

Publié le par Christian Bélingard

A l'écart des routes principales qui sillonnent le département de la Haute-Vienne, le village de Roziers-Saint-Georges est représentatif des petits bourgs ruraux d'autrefois, avec sa cidrerie installée à demeure. Son église à la toiture un peu dépareillée se signale surtout par un élégant clocher dont la flèche a été recouverte en bardeaux de châtaigniers. Celle-ci se reflète sur la place du village, au soleil levant, offrant au peintre du dimanche, amateur de "vieilles pierres",  l'irrésistible envie d'y installer son chevalet.

reflet clocher
 

En y regardant de près, on apercevra au dessus du portail, en haut des murs de la façade occidentale, des modillons scultpés, visiblement réemployés à cet endroit. Ceux-ci renvoient sans doute aux origines romanes de cette église, attestée au XIIIème siècle mais érigée certainement à la lisière des XIème et XIIème siècles. Elle fut en effet, selon l'Abbé Lecler, donnée le 24 juin 1272 aux doyens et chapitre de la cathédrale de Limoges par l'évêque Aiméric de Serre.

A l'intérieur de l'église, on découvre d'autres indices. Les arcades romanes du choeur, ainsi que la typologie des colonnes qui l'encadrent, signent une date de construction qui ne serait pas ultérieure au commencement du XIIème siècle.
 

nef rapp.
 

L'église de Roziers-Saint-Georges fut paroissiale et possédait une annexe à Masléon où Philippe-Bel- avait établi une "ville neuve ( voir cet article). Jusqu'en 1342, la dépendance resta établie. La chronique de l'abbé Leclerc nous apprend encore qu'en 1498 l'église de Roziers "manquait de tout par suite du malheur des guerres de l'époque. Aussi l'évêque de Limoges, Jean Barthon de Montbas, accorda-t-il des indulgences aux fidèles qui la visiteraient et contribueraient à son rétablissement."

La mise en valeur récente, somme toute, de cette petite église est à souligner.  Son mobilier offre une belle rétrospective des siècles écoulés avec en particulier un placard baptismal du XVIIIème sicèle. On notera la référence moderne à la légende de "Saint-Georges terrassant le dragon" sous la forme d'un dessin au trait noir exécuté sur l'arcature médiane du chevet plat.
 

fonts baptismaux    
 
    fonts baptismaux

Commenter cet article