Une enseigne de pèlerin sur le Camino Frances

Publié le par Christian Bélingard

Les pèlerins qui entreprenaient un voyage aussi lointain que celui qui conduisait jusqu'au tombeau de l'apôtre Jacques à Saint-Jacques de Compostelle désiraient en rapporter un témoignage, fût-il des plus modestes. C'est ainsi que l'on a pu retrouver tout au long du Camino Frances et dans d'autres lieux ces enseignes de pèlerinage qui peuvent être en argent- pour les plus riches- mais tout simplement en plomb ou en laiton pour les autres voyageurs (1). Le musée du Moyen-Age  à Cluny conserve l'une de ces enseignes. Elle parait dater du XIIIème-XIVème siècle et provient de Santo Domingo de la Calzada , une des plus célèbres étapes sur le Camino.

  enseigne pèlerinage NEW                Enseigne de pèlerinage: Saint Dominique de la Chaussée, Paris, Musée de Cluny

Selon les recherches effectuées par Denise Péricard-Méa, ces enseignes étaient attachées au manteau, au sac ou au chapeau du pèlerin et donnaient une indication précise des sanctuaires visités. Si des artisans établis à Compostelle revendiquaient l'exclusivité de la fabrication, des ateliers virent le jour sans doute un peu partout. L'un d'entre eux est attesté à Aire-sur-La-Lys en 1526. D'autres signes furent institués pour que les pèlerins puissent prouver prouver leur qualité et ne pas être confondus avec des vagabonds ou des faussaires se servant des attributs jacquaires à des fins qui pouvaient ne pas être très catholiques. La coquille ne suffisant sans doute pas à lutter contre les abus,  la boite à certificats fit son apparition à partir du XVème siècle. Elle contenait  les autorisations, sauf-conduits, lettres de recommandation, passeports et autres billets de confession que les pèlerins devaient possèder.

Villamorico NEW

Villamorico,entre Santo Domingo de la Calzada et Burgos (photo B.Becuwe)

 

 

 

 

 

(1) Denise Péricard-Méa, Dictionnaire de Saint-Jacques-de-Compostelle,  Editions Gisserot

Commenter cet article